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Qui de neuf à l'Institut Français d'Agadir ?

Par: Alice JOUNDI  

ENTREVUE Depuis septembre dernier, l’Institut Français d’Agadir, l’un des 12 instituts que le Maroc accueille, a un nouveau directeur : Franck Patillot. Ses projets, ses ambitions, sa rencontre avec les gadiris : Made in Agadir l’a interviewé pour vous.

 " M. Patillot, quel est votre parcours et quelles sont vos impressions depuis votre arrivée ?

Eh bien, je suis breton, de la région de Paimpol. Ayant le choix entre Fès et Agadir, je me suis tout naturellement tourné vers la mer, dont je suis incapable de rester éloigné longtemps. J’étais auparavant directeur à l’Institut Français de Pointe Noire, au Congo. Je suis directeur d’un conservatoire de musique, danse et théâtre dans le sud de la France, détaché par le Ministère de la Culture à Agadir pour 2, 3 ou 4 ans. 
Je suis avant tout musicien : pianiste de latin jazz, chef d’orchestre de formations se consacrant à la musique classique et contemporaine et compositeur sans frontières.

A mon arrivée, j’ai eu le plaisir de trouver une équipe structurée, compétente et motivée. Ce plaisir a été couplé à celui de découvrir les Soussis, gentils, accueillants, à l’écoute ! Je suis très sensible aux valeurs culturelles amazighs et je suis heureux d’être à Agadir !

Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs quelles sont les missions d’un Institut Français ?

Le premier objectif d’un Institut Français est de veiller au rayonnement de la culture et de la langue françaises. Nous donnons d’ailleurs beaucoup de cours de langue ! Ensuite, il se doit d’accompagner les artistes locaux et leur entourage vers une voie de professionnalisation afin de faire émerger les talents. C’est à ce titre que nous organisons des soirées Jeunes Talents, des concours, des ateliers, etc. Enfin, et c’est la partie émergée de l’iceberg, il développe une programmation culturelle.

A propos de programmation, l’IFA nous a concocté quoi pour cette saison ?

Le cadre de contraintes budgétaires massives dans lequel nous évoluons va nous obliger à faire preuve de créativité dans tous les sens du terme. Je vous promets donc une grande diversité ! Il y aura entre autres de la danse et de la musique contemporaines, du classique et des cuivres (la France a une renommée internationale et attire des élèves du monde entier désireux de se frotter à l’excellence de ses instrumentistes !).

Notre action sera placée sous le signe du dialogue avec des conférences et des débats d’idées, notamment sur la démocratie et sur l’état de droit.

Nous nous adresserons aussi au jeune public (Semaine du Conte et de l’Oralité début février, 4 musiciens et un récitant marocain interprèteront des œuvres pour eux dont Babar de Poulenc en avril,…) et, en cette année où le Maroc accueille la COP22, l’IFA proposera à l’automne des expositions portant sur les questions climatiques et les énergies renouvelables, ainsi qu’une Nuit de la Philosophie autour de ces sujets.

Quels sont vos objectifs personnels ? 

Je souhaite ardemment externaliser notre programmation pour aller dans les quartiers à la rencontre des gens car les habitudes de vie et les transports insuffisants ne les incitent pas à se déplacer jusqu’à l’IFA.

Par ailleurs, et ça ne plaira pas à tout le monde, j’ai une exigence de qualité et d’excellence ! J’ai le goût du travail bien fait et un grand respect pour les artistes : je désire donc amener le public à respecter la scène.

Enfin, il est essentiel pour moi de ne pas déconnecter la culture du social. Je crois qu’on doit combattre la peur de ce qu’on ne connaît pas et j’ai donc l’ambition de susciter chez les Gadiris l’envie de faire des expériences !

Nous avons vu dans votre dernière plaquette programme qu’il allait y avoir un changement de fonctionnement…

 En effet. Nous avons décidé, à partir de la saison 2016-2017, de changer l’image de l’IFA et de faire de ceux qui le fréquentent non pas des consommateurs, mais des adhérents. Une adhésion annuelle symbolique (et déduite de l’abonnement à la médiathèque) garantira à l’adhérent un accès prioritaire aux manifestations, sur réservation. Plus besoin de se déplacer pour venir chercher une invitation, un simple coup de fil suffira ! Les spectacles seront gratuits pour nos adhérents, payants pour les autres, mais la place sera très abordable.

Merci de nous avoir accordé un peu de votre temps et des occasions que vous nous donnerez de vibrer ou de nous exprimer ! "

Propos recueillis par Isabelle de Balathier
Photo Isabelle de Balathier