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Najat Anwar, une femme engagée

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PORTRAIT On aurait pu rendre hommage à tellement de combats et d’espoirs de femmes, qui portent des causes nobles et justes. Made in Agadir a choisi de mettre en lumière la volonté de Najat Anwar, qui, depuis 2003, fait trembler le pays pour la défense des droits de l’enfant.

L’association “Touche pas à mon enfant” est connue de tous grâce à ses actions coups de poing pour dénoncer les faits de pédocriminalité. Forte de ses brillantes études en droit et de sa collaboration avec des avocats, Najat Anwar oeuvre pour une justice plus ferme et une mise à niveau de la loi, trop clémente pour les coupables, que ce soit en cas de viol, d’inceste, de prostitution, mais aussi de mariage de mineurs. Dans la loi marocaine pourtant, ces crimes sont passibles de dix, vingt ou trente ans d’emprisonnement. La réalité des peines tourne autour de trois à six mois de prison.

Des membres bénévoles, associés à sa cause, ont réussi à faire connaître leur combat, notamment en campant devant les tribunaux pendant les procès et en se portant partie civile dans de nombreuses affaires en instruction. Une médiatisation réussie et efficace qui a porté ses fruits. Et les principales avancées viennent sûrement de la population elle-même, qui ose de plus en plus porter les faits devant la justice.

Najat Anwar, âgée de 46 ans, est née à Sidi Kacem dans le nord du pays. Elle poursuit ensuite ses études à Fès où elle décroche une licence en droit islamique. Cette femme, mère de trois enfants, mène une vie rangée et une carrière dans le commerce, quand la cause des enfants victimes d’abus sexuels s’impose à elle comme une évidence, et même une obligation. Avec une volonté sans faille, elle créé alors à Agadir l’association Touche pas à mon enfant, dont l’objectif est d’assurer aux mineurs abusés sexuellement, et à leurs parents, un soutien juridique, médical et psychologique.

Face à l’un des tabous les plus tenaces dans le monde, la volonté et l’acharnement d’une femme, dont le combat réunit la population, est à saluer. Même si la route est encore longue et pleine d’embûches, elle demeure un formidable espoir pour l’avenir.

Texte : Stéphanie Jacob

Photos : DR